Scanner : préparation, injection et déroulement en 10 à 20 minutes
Un scanner est un examen d’imagerie médicale rapide, généralement indolore, qui inquiète souvent parce que son déroulé reste flou avant le rendez-vous. En pratique, vous êtes accueilli en service de radiologie, installé sur une table qui glisse dans un large anneau, puis l’appareil prend des images en coupes grâce aux rayons X. Selon l’indication, un produit de contraste iodé peut être injecté pour mieux voir certains organes ou vaisseaux.
Ce que fait vraiment le scanner
Le scanner, aussi appelé tomodensitométrie, utilise des rayons X pour obtenir des images très précises de l’intérieur du corps. Contrairement à une radiographie classique, il produit des coupes fines, comme si l’on observait l’organisme tranche par tranche. Les images peuvent ensuite être reconstruites en 2D ou en 3D sur ordinateur.
Pendant l’examen, un système émetteur-récepteur tourne autour de la zone étudiée. Le radiologue analyse ensuite les clichés sur écran pour rechercher une anomalie, préciser un diagnostic, suivre l’évolution d’une maladie ou guider certains gestes médicaux. Le scanner peut explorer de nombreuses régions : cerveau, thorax, abdomen, bassin, os, articulations ou vaisseaux dans le cas d’un angio-scanner.
Le scanner ne doit pas être confondu avec l’IRM. Le scanner utilise des rayons X et il est souvent très rapide. L’IRM repose sur un champ magnétique et dure en général plus longtemps. Le choix dépend de ce que le médecin cherche à voir, de l’urgence, de la zone concernée et de vos antécédents médicaux.
Avant l’examen : les consignes qui évitent les mauvaises surprises
Documents, traitements et informations à signaler
Le jour du rendez-vous, apportez l’ordonnance, votre carte Vitale ou les documents demandés, vos anciens examens d’imagerie, les comptes-rendus, les résultats de prise de sang si on vous les a prescrits, ainsi que la liste de vos traitements. Ces éléments aident l’équipe à comprendre pourquoi le scanner est réalisé et à comparer les images si nécessaire.
Scanner abdomino-pelvien et thoracique : informations et préparation — Consultez la fiche pratique du CHU de Montpellier pour tout savoir sur le déroulement et la préparation d’un scanner avec injection de produit de contraste.
Signalez toujours une grossesse en cours ou possible, surtout pendant les 3 premiers mois. Prévenez aussi en cas d’allergie connue à un produit de contraste iodé, d’asthme sévère, de maladie rénale, de diabète, de traitement particulier ou de réaction inhabituelle lors d’un ancien examen. Ces informations permettent d’adapter la préparation, de décider si une injection est appropriée et de renforcer la surveillance si besoin.
Faut-il être à jeun ?
La préparation dépend de la zone examinée et de la présence ou non d’un produit de contraste. Pour certains scanners, aucune préparation particulière n’est nécessaire. Pour d’autres, on peut vous demander d’être à jeun, parfois environ 3 heures avant l’examen, notamment lorsqu’une injection est prévue ou lorsque l’abdomen est exploré. Suivez toujours les consignes du centre d’imagerie, car elles varient selon le protocole.
Dans certains cas, un produit peut être bu avant l’examen pour mieux visualiser le tube digestif. Plus rarement, le contraste peut être administré dans une articulation, par exemple pour un arthroscanner. Si une prise de sang avec créatininémie est demandée, elle sert à évaluer la fonction rénale, surtout chez les patients de plus de 65 ans ou lorsque le débit de filtration est surveillé, par exemple dans une zone de 30 à 60 ml/min.
Pendant le scanner : le déroulé concret, étape par étape
Installation dans la salle
Après l’accueil, vous passez généralement par une cabine de préparation pour retirer les objets métalliques ou les vêtements gênants selon la zone examinée. On vous installe ensuite allongé sur la table du scanner, le plus souvent sur le dos. La table se déplace doucement dans l’anneau de l’appareil, dont l’ouverture est large, parfois autour de 2 mètres de diamètre selon les modèles. Beaucoup de patients le trouvent moins enfermant qu’une IRM.
L’équipe médicale reste présente pendant tout l’examen, même si elle se place derrière une vitre plombée pendant l’acquisition des images. Vous pouvez communiquer par micro. Si quelque chose vous inquiète, si vous ressentez un malaise ou si vous avez besoin d’être rassuré, il suffit de le dire. Le contrôle est continu, et l’équipe peut intervenir si nécessaire.
Immobilité, respiration et durée
Le scanner en lui-même dure peu de temps. L’ensemble du passage dans le service prend souvent 10 à 20 minutes, parfois davantage selon la préparation, l’injection ou l’attente des premières vérifications. L’acquisition des images peut ne durer que quelques secondes à quelques minutes. Certains protocoles demandent de retenir sa respiration une dizaine de secondes, surtout pour le thorax ou l’abdomen.
Rester immobile est essentiel. L’appareil peut produire une centaine de coupes, mais si le corps bouge au moment de l’acquisition, les contours deviennent moins nets et certaines images peuvent être difficiles à interpréter. Le moindre déplacement des épaules, du ventre ou de la respiration peut modifier le résultat. Écouter les consignes vocales permet donc d’obtenir des coupes plus propres et parfois d’éviter de recommencer une séquence.
L’examen n’est pas douloureux. Vous pouvez entendre des bruits mécaniques, voir la table avancer ou reculer et sentir l’ambiance technique de la salle, mais le scanner ne touche pas directement la zone examinée, sauf installation particulière ou geste associé. Le plus contraignant reste souvent de garder la même position pendant quelques minutes.
Produit de contraste iodé : sensations normales et précautions
Pourquoi l’injection est parfois nécessaire
Le produit de contraste iodé rend certaines structures plus visibles sur les images. Il aide à mieux distinguer les vaisseaux, les organes, une inflammation, une lésion ou une zone anormalement vascularisée. L’injection se fait le plus souvent par voie intraveineuse, avec une petite perfusion posée au pli du coude ou sur la main.
Un scanner peut très bien se faire sans injection si la question médicale ne l’exige pas. À l’inverse, lorsque le contraste est utile, il apporte une information importante au radiologue. La décision dépend de l’ordonnance, du protocole d’imagerie et de vos antécédents.
Ce que l’on peut ressentir
Au moment de l’injection, certaines sensations sont fréquentes et généralement passagères : chaleur diffuse dans le corps, goût métallique dans la bouche, impression d’uriner, légère nausée ou sensation inhabituelle pendant quelques secondes. Ces effets disparaissent vite. Ils peuvent surprendre si l’on n’a pas été prévenu, mais ils ne signifient pas forcément qu’il y a un problème.
Des réactions allergiques sont possibles, même si les produits de contraste sont habituellement bien supportés. Prévenez immédiatement l’équipe en cas de démangeaisons, urticaire, gêne respiratoire, gonflement, malaise ou sensation anormale. Une petite douleur ou un hématome peut aussi apparaître au point de ponction. L’équipe sait reconnaître ces situations et prendre les mesures nécessaires.
Après le scanner : retour à la normale et résultats
Une fois les images réalisées, la table ressort de l’anneau et le matériel éventuel est retiré. Si vous avez eu une injection, on comprime brièvement la veine après retrait de la perfusion. Dans la plupart des cas, vous pouvez repartir rapidement et reprendre vos activités habituelles, sauf consigne contraire liée à votre état de santé ou à un geste associé.
Après un produit de contraste, il est souvent recommandé de bien boire, par exemple 1 litre d’eau, voire 2 litres selon les consignes médicales et votre situation, afin de faciliter son élimination par les reins. Si vous avez une restriction hydrique, une insuffisance rénale ou un traitement spécifique, demandez à l’équipe quelle quantité est adaptée à votre cas.
Les résultats ne se limitent pas aux images remises sur un CD, un lien sécurisé ou un espace patient. Le plus important est le compte-rendu d’examen rédigé par le radiologue. Selon l’organisation du centre, vous pouvez recevoir une première explication rapidement, parfois après une attente d’environ 30 minutes, ou récupérer le compte-rendu plus tard. Votre médecin prescripteur ou votre médecin traitant replacera ensuite les conclusions dans l’ensemble de votre dossier médical.
Si l’examen vous inquiète beaucoup, dites-le dès l’accueil. Les équipes de radiologie ont l’habitude des patients anxieux, claustrophobes, douloureux ou simplement impressionnés par l’appareil. Des explications simples, une communication par micro et une annonce claire des étapes suffisent souvent à rendre le moment plus supportable. Pour les personnes qui ont besoin d’un support très visuel et facile à lire, les ressources FALC proposées par CoActis Santé peuvent aussi aider à comprendre le parcours avant le rendez-vous.
