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E-santé & téléconsultation

Téléconsultation en pharmacie : les 4 équipements indispensables et la rémunération du pharmacien

Julien Chevalier 7 min de lecture
Téléconsultation pharmacien en pharmacie avec équipement connecté

La téléconsultation assistée en pharmacie permet de consulter un médecin à distance avec l’aide d’un professionnel de l’officine. Elle facilite l’accès aux soins dans les zones sous-denses, réduit les déplacements et accompagne les patients qui ne disposent pas du matériel ou de l’aisance nécessaires pour consulter seuls en vidéo. Le pharmacien n’assure pas la consultation médicale : il encadre son déroulement dans un environnement technique, confidentiel et réglementé.

Une téléconsultation assistée, et non une consultation avec le pharmacien

Le patient échange par vidéotransmission avec un médecin téléconsultant. Le rendez-vous peut être organisé par l’officine, par le patient ou par une organisation locale de soins, comme une CPTS, une MSP, un CDS ou un SAS. Le médecin reste responsable du diagnostic, de la décision médicale, de la prescription éventuelle et de l’orientation du patient.

Infographie sur le déroulement d’une téléconsultation pharmacien en officine
Infographie sur le déroulement d’une téléconsultation pharmacien en officine

La téléconsultation en pharmacie est autorisée depuis septembre 2019 dans le cadre de l’avenant 15. Son organisation a ensuite été intégrée à la convention nationale des pharmaciens du 9 mars 2022, approuvée par l’arrêté du 31 mars 2022. Ce dispositif rapproche une offre médicale des habitants des zones sous-denses, limite les déplacements et peut éviter un renoncement aux soins lorsqu’aucun médecin n’est rapidement disponible.

Ce que le pharmacien peut faire pendant l’échange

Le pharmacien accueille le patient, vérifie que l’installation permet un échange dans de bonnes conditions et l’aide à utiliser les équipements connectés lorsque le médecin le demande. Il peut prendre ou accompagner la prise de constantes, comme la tension artérielle ou la saturation en oxygène. Il assure aussi le lien pratique avec le médecin, notamment pour la transmission sécurisée d’une ordonnance.

Cette assistance ne signifie pas que le pharmacien reste dans la pièce pendant tout l’entretien. Le patient doit pouvoir parler librement au médecin. L’intervention du professionnel s’adapte aux besoins réels : aide technique, manipulation d’un dispositif, accompagnement d’une personne âgée, en situation de handicap ou peu familière avec le numérique.

Le déroulement concret côté patient : la confidentialité avant tout

Une téléconsultation en officine commence par l’identification du patient et la vérification des conditions pratiques : motif compatible avec une consultation à distance, médecin téléconsultant disponible et créneau proposé dans un espace confidentiel. Le patient est ensuite installé dans un local dédié, avant de se connecter à la solution de vidéotransmission sécurisée.

  1. Le patient est orienté vers un médecin disponible ou vers un rendez-vous programmé.
  2. Il s’installe dans un local fermé, à l’abri des regards et des conversations de l’officine.
  3. Le médecin mène l’entretien et peut demander l’utilisation d’objets connectés.
  4. Le pharmacien intervient lorsque son assistance est nécessaire.
  5. Le médecin transmet, si besoin, l’ordonnance par une messagerie sécurisée de santé et précise la suite du parcours.

La qualité acoustique mérite une attention particulière. Dans une officine, une porte fermée ne suffit pas toujours si les voix traversent une cloison légère ou si la salle donne sur une zone de passage. Un espace bien conçu limite les bruits, les interruptions et les mouvements autour du patient. Un fauteuil stable, une table pour poser les appareils, un éclairage sans contre-jour et une signalétique indiquant qu’un entretien est en cours renforcent la qualité de l’accueil et le respect de l’intimité.

Les équipements obligatoires pour une téléconsultation en pharmacie

L’officine doit proposer une vidéotransmission sécurisée et un espace de confidentialité fermé. La sécurité des données de santé et le respect du secret professionnel s’appliquent à l’ensemble des échanges avec le médecin, y compris à la réception des ordonnances. Ces documents doivent être transmis avec des outils adaptés, notamment une messagerie sécurisée de santé.

Le socle d’objets connectés permet au médecin de recueillir à distance des informations cliniques utiles. Il comprend quatre appareils :

  • un stéthoscope connecté ;
  • un otoscope connecté ;
  • un oxymètre connecté ;
  • un tensiomètre connecté.

Choisir une solution sans perdre de vue le parcours de soins

Des solutions de vidéotransmission comme Doctolib, Docavenue, Consulib, Clickdoc ou Covalia peuvent être utilisées si elles répondent aux exigences de sécurité et s’intègrent à l’organisation retenue. Le choix ne dépend pas uniquement de l’écran ou de la prise de rendez-vous. Il faut aussi vérifier la compatibilité des objets connectés, la simplicité de l’assistance, la disponibilité des médecins, la gestion des ordonnances et l’accès à un support en cas de problème technique.

Pour le patient, une connexion fiable compte autant que le matériel. Pour l’équipe officinale, un protocole simple évite les hésitations : qui accompagne le patient, où sont rangés les appareils, comment les désinfecter et assurer la traçabilité du matériel, que faire en cas de retard du médecin et vers qui l’orienter si son état nécessite des soins urgents. Ces consignes facilitent une prise en charge régulière et cohérente.

Remboursement : les règles qui s’appliquent au patient

La consultation médicale est facturée par le médecin téléconsultant. Son remboursement par l’Assurance Maladie suit les règles de la téléconsultation et, en principe, celles du parcours de soins coordonné. Le patient doit donc habituellement être orienté par son médecin traitant ou consulter un médecin qui le connaît. Cette organisation favorise le suivi médical et la continuité des informations de santé. Une consultation directe chez un dermatologue peut entraîner une baisse de la prise en charge lorsque le patient n’est pas orienté par son médecin traitant, comme l’explique ce point sur le remboursement du dermatologue.

Des exceptions existent, notamment pour les patients de moins de 16 ans, les personnes sans médecin traitant ou lorsqu’un accès direct spécifique est prévu. Une organisation territoriale peut aussi faciliter l’orientation dans les zones où l’offre médicale est insuffisante. La situation individuelle reste déterminante. L’officine peut expliquer le déroulement de la consultation, mais le niveau final de prise en charge dépend du dossier du patient et de sa couverture complémentaire éventuelle.

Sans complémentaire santé, que se passe-t-il ?

L’absence de complémentaire santé n’empêche pas, à elle seule, l’accès à une téléconsultation en pharmacie. La part non prise en charge par l’Assurance Maladie peut toutefois rester à la charge du patient, sauf si une exonération s’applique à sa situation. Cela vaut aussi pour les examens en laboratoire. Il est préférable d’aborder ce point avant le rendez-vous, avec tact, surtout lorsque la demande correspond à un besoin de soins rapide.

Facturation et rémunération de l’assistance en officine

L’assistance du pharmacien fait l’objet d’une traçabilité distincte de l’acte médical. Le code traceur TLM identifie l’assistance à la téléconsultation. À compter du 22 mai 2026, sa valeur est fixée à 0,01 €, soit un centime. Ce code sert principalement à déclarer l’activité et à déclencher la rémunération forfaitaire correspondante.

La déclaration s’effectue en ligne via Amelipro. L’officine doit respecter les conditions d’équipement et de fonctionnement prévues, ainsi que les exigences liées à la ROSP Numérique. La rémunération dépend ensuite du nombre de téléconsultations assistées facturées sur l’année.

Volume annuel de téléconsultations assistées Rémunération forfaitaire
De 1 à 5 25 € TTC
Par palier supplémentaire de 5 téléconsultations 25 € TTC supplémentaires
146 téléconsultations et plus 750 € TTC maximum par an

Lors de la première année d’équipement, la rémunération forfaitaire peut atteindre 1 225 € TTC. Les années suivantes, le plafond annuel est de 750 € TTC. Pour l’officine, l’objectif est de proposer un relais fiable dans le parcours de soins : matériel opérationnel, confidentialité réelle, équipe formée et coordination claire avec les médecins téléconsultants.

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